Descente...

Je dois te dire que le serpent me fascine. Par sa grâce, par son élégante nonchalance, par la splendeur de ses habits. Quand j'observe le serpent, je suis impressionnée par l'imagination que le Créateur a manifestée en le dessinant. Les couleurs, l'harmonieuse symétrie des formes géométriques qui dansent avec la lumière lorsqu'il progresse en silence dans son univers... Sublime!

Bon, bon, je n'ai vu des serpents en personne qu'en Australie et ils étaient apprivoisés. De toute beauté, mais pas menaçants.

Ici il n'y a que des couleuvres. Et les pauvres, lorsqu'elles arrivent, de peine et de misère, à atteindre un mètre, c'est un exploit. Pas très redoutable, avoue. Voilà pourquoi, quand, en 1994,  j'ai fait l'exposition des Serpents et Échelles dont ce tableau faisait partie, j'ai été étonnée de réaliser combien les Québécois réagissent négativement à une image de serpent, tandis que dans les pays où ils pullulent, les serpents font partie de la mythologie.

Le serpent est un symbole universel et fait partie de nombreux rituels à travers les cultures. Il représente la fertilité, le mouvement des énergies du yin et du yang, la jonction entre Ciel et Terre, la Kundalini... Bref, l'union du Tout. Il représente aussi la dualité entre le Bien et le Mal.

Ah ah!... Le Bien et le Mal. Qui détient la vérité? Qui fait pencher la balance entre les bons et les méchants? Le Bien et le Mal, le fameux dédoublement qui a engendré les religions et ses guerres jusqu'à présent.

Engendré cette guerre en nous, en moi, entre toi et moi.

Séparation.

Alors je me dis que le Québécois est peut-être encore, dans ses gênes, imbibé de la notion catholique du méchant serpent fauteur de troubles. Le Diable en personne?

À ton avis?

 

 

 

 

 

 Descente, acrylique sur toile marouflée, 72 pcs x 48 pcs

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